
Former des professionnels du soin capables d'habiter leur pratique avec justesse.
Séverine Herrenschmidt
severinehrn@forge-supervision.fr
Isabelle Schmitt
Aujourd’hui, le premier enjeu est celui du développement de la supervision, indispensable à nos yeux, et de l’APP devenue obligatoire pour les soignants. Le second enjeu est celui de la formation et de la diffusion de ces compétences dans le champ médical et para-médical.
FORGE est née de l’idée de proposer aux soignants des espaces pour penser leur pratique et s’en distancier, notamment dans les métiers où la clinique du toucher devrait être élaborée : permettre aux soignants de mieux comprendre ce qu’ils font, et réfléchir aux limites et aux conséquences de leurs décisions.
Voilà qui demande une acuité accrue à la singularité de la personne que l’on soigne, et qui amène à questionner l’éthique, plutôt que d’agir seulement en praticien de techniques, aussi performantes soient-elles.
Chez FORGE, nous concevons la Supervision comme un processus de transformation qui consiste à habiter autrement sa pratique. Cette transformation naît d’un tissage permanent entre l’expérience, la réflexion, les échanges et les connaissances qui éclairent les pratiques humaines et scientifiques.
De nombreuses approches de la supervision s’appuient sur des référentiels issus de la psychanalyse, de la systémie, de la psycho-sociologie. Notre objectif est de proposer une référence complémentaire, aidant les professionnels à accueillir la complexité des situations qui conjuguent toutes les dimensions d’une personne.
Nous l’avons progressivement construit avec la notion d’éthique, prise comme un appui référentiel central : un axe proposé à la pensée de manière transversale et permettant la mise en œuvre des processus réflexifs propre à chacun.
Inspirée notamment par la définition de la « visée éthique » de Paul Ricœur : « une vie bonne, avec et pour autrui, dans des institutions justes », notre approche invite le professionnel à exercer son discernement dans des situations singulières, en tenant ensemble le souci de l’autre, le souci de soi et celui de sa propre responsabilité professionnelle.
Nous en proposons une lecture selon quatre dimensions constitutives de toute pratique de soin : le patient, le professionnel, la relation et le cadre.
Cette intention met le professionnel en position d’écouter la demande, et de demeurer également attentif à ce qui se révèle progressivement dans la rencontre. Ceci de façon à orienter son action de soin pour le patient, ou le supervisé, avec le plus de justesse possible.
L’analyse des pratiques professionnelles et la supervision nourrissent sa réflexion, son discernement, ainsi que la manière dont il exerce. Ce qui le met au contact de son propre engagement professionnel et du sens qu’il a.
Le soin est d’abord une rencontre. Comme la supervision, il ouvre un espace dont on crée la qualité, pour pouvoir reconnaître l’autre dans sa singularité et savoir se laisser déplacer par ce que la rencontre fait émerger, chez le patient comme chez le professionnel.
Le soin comme la supervision s’inscrivent dans un cadre. Celui-ci rend possible une relation de confiance lorsqu’il est suffisamment explicite, compris et librement partagé par les personnes qu’il engage. Les repères déontologiques qui le constituent sont en résonance avec la dimension éthique qui à tout moment dans les situations concrètes, doit pouvoir venir éclairer le sens.
Infirmière en psychiatrie, masseur-kinésithérapeute, ostéopathe, enseignante, superviseure et formatrice, j’ai construit mon parcours dans le champ du soin, de l’accompagnement et de la transmission. Formée au travail corporel et psychocorporel, j’ai été enseignante pendant plus de dix ans en école d’ostéopathie et en école de psychothérapie.
À partir de 2003, la supervision est devenue une expérience structurante de mon parcours professionnel. Elle a profondément transformé ma manière de penser la pratique et m’a convaincue de la nécessité d’offrir aux professionnels du soin un espace où leur expérience puisse être interrogée, particulièrement lorsque leur pratique engage le corps et la relation.
Forte de cette expérience de professionnelle supervisée, j’ai choisi d’aller plus loin dans la démarche et me suis formée, de 2013 à 2015, à la conduite de la supervision pour devenir moi-même superviseure. Cette étape a progressivement inscrit la supervision au cœur de mon activité. Depuis, j’accompagne des professionnels du soin en supervision individuelle et en groupe, et j’interviens dans la formation à la conduite de la supervision.
Souhaitant donner des assises théoriques à ma réflexion, apprendre à penser, nommer et conceptualiser ma pratique, et en approfondir la dimension éthique, j’ai suivi un DU de philosophie de l’ostéopathie, obtenu en 2018. Mon mémoire portait sur la supervision au service d’une pratique éthique de l’ostéopathie. Depuis, je poursuis ce travail de réflexion et de formation, particulièrement dans le champ de l’éthique philosophique.
La transmission s’est peu à peu imposée comme un prolongement essentiel de mon engagement dans la supervision : transmettre cette pratique, contribuer à sa diffusion et permettre à d’autres professionnels de se l’approprier afin qu’elle puisse se développer dans le champ du soin.
Ma pratique de superviseure s’inscrit aujourd’hui dans cette articulation entre expérience clinique, réflexivité, éthique et transmission.
Masseur-kinésithérapeute, ostéopathe, thérapeute narrative à médiation corporelle, superviseure et intervenante en analyse des pratiques professionnelles, j’accompagne depuis de nombreuses années les personnes et les professionnels dans une approche attentive à la singularité de chacun.
J’ai débuté en tant que masseur-kinésithérapeute, avant de me tourner vers l’ostéopathie, avec le souhait d’approfondir une approche globale du corps et de la personne. Je me suis ensuite formée à la thérapie narrative, qui m’a aidée à développer une pratique à médiation corporelle où l’écoute de la parole, celle du corps, et la prise en compte de l’histoire singulière de chacun, se conjuguent pour ajuster l’accompagnement des personnes dans leurs difficultés.
Parallèlement à mon activité de thérapeute, j’ai accquis une expertise dans l’accompagnement des professionnels. Formée en 2020 en tant que superviseure et intervenante en analyse des pratiques professionnelles, j’ai participé à la création d’une certification. J’accompagne aujourd’hui des soignants et des équipes, en individuel et en groupe, dans une démarche de réflexion sur leurs pratiques, leur posture, leurs éprouvés et les enjeux éthiques rencontrés dans leur quotidien professionnel.
Depuis mon installation dans la région nantaise en 2020, je poursuis également mes activités de formation et d’accompagnement auprès de différents publics, notamment au sein de l’ARIFTS, et j’interviens en certification d’APP et de supervision dans le champ social et médico-social.
Aujourd’hui, mon activité se situe à la croisée de l’expertise clinique, de la thérapie narrative et de la supervision avec l’éthique du soin et de la relation comme fil conducteur. Il m’importe d’accompagner chacun – patient comme professionnel – dans un chemin, voire une réflexion, qui soutienne sa capacité à comprendre, à guérir, à agir et à trouver du sens.